Samedi 16 avril : retour en France

4h30 : les réveils sonnent. C'est vraiment très tôt, mais il faut y aller, notre avion ne nous attendra pas. Nous bouclons nos sacs et quittons l'hôtel. A l'enregistrement des bagages, l'employé, sympa et détendu au demeurant, trouve nos sacs trop gros et trop bizarres : il faut les passer en "oversized" (= hors format). Nous trouvons la porte de hangar qui correspond et hop, ils sont embarqués. Quelques instants plus tard, Antoine se rend compte que sa lunette est restée dans son gros sac. Espérons qu'il ne sera pas trop bringuebalé... 
Nouvel arrêt lors de la vérification des bagages cabine aux rayons X : le sac d'Antoine est fouillé méthodiquement, ils cherchent un truc précis, c'est sûr. Tout à coup, je comprends : l'opinel ! Il est resté dans le sac de pique-nique ! Opinel confisqué. Nous avons décidément fait nos sacs trop vite, il est décidément trop tôt. 
5h25 : nous sommes en salle d'embarquement, les portes sont déjà ouvertes. Peu après, un bus nous mène à l'avion. 6h20 : nous décollons. Inutile de préciser que nous finissons notre nuit à bord. 
8h45 : nous arrivons à Beauvais, il nous faut encore passer le contrôle à la frontière. Les policiers de la PAF ne sont pas trop regardants, ils vérifient rapidement nos passeports et c'est tout. En bref, le degré élevé de Vigipirate ne se voit pas tellement, si ce n'est que, jusqu'en 2014, on ne passait pas de contrôle pour entrer en France. L'été dernier, en revenant de Nouvelle-Zélande, nous y avions déjà eu droit, mais nous avions pensé que c'était parce que nous revenions de l'autre bout du monde. 
A l'aéroport, je commence par aller aux toilettes et là, je constate que le retour en France est manifeste : cuvette sale, sol humide, lavabo en réparation... Le contraste avec la Pologne est frappant ! Nous mangeons ensuite un petit-déjeuner avant de retrouver la voiture à l'autre bout du parking et de prendre la route. Nous avons toute la journée pour rentrer à Belle-Isle-en-Terre, nous allons en profiter pour visiter quelques sites. Je jette mon dévolu sur Caen et ses abbayes. Quant à Antoine, il souhaite passer par les plages du Débarquement. 
Nous atteignons Caen à l'heure du déjeuner, que nous prenons dans une brasserie du vieux centre. Il pleuvote, ce n'est pas un temps formidable pour faire du tourisme. A 14h00, nous voilà devant l'abbaye Saint-Etienne (ou abbaye aux Hommes), aujourd'hui occupée par les services de la mairie de Caen. La guide nous fait découvrir les superbes bâtiments romans et gothiques de cette abbaye fondée par Guillaume le Conquérant et sa femme Mathilde. L'actuelle salle du conseil, avec sa charpente et ses ouvertures gothique flamboyant est particulièrement marquante. Nous admirons les boiseries du XVIIIème siècle dans l'ancienne salle capitulaire. Nous nous rendons ensuite seuls et discrètement dans l'abbatiale car un mariage y est célébré en ce moment. Et oui, nous sommes samedi, et la mairie de Caen, avec ses superbes bâtiments, est très courue pour ce genre de cérémonie. Nous observons malgré tout la structure intérieure de cette grande église romane, où la nef présente un étagement à trois niveaux et le chevet un déambulatoire et des chapelles rayonnantes. 
Nous continuons notre route vers les sites du Débarquement, en commençant par le pont de Bénouville, sur l'Orne, le fameux Pegasus Bridge. Et là, on se rappelle la scène du film Le Jour le plus long : "Vous tiendrez jusqu'à ce qu'on vous relève." Le pont originel est maintenant dans la cour du musée, il a été remplacé par une réplique que nous franchissons. Un mémorial en l'honneur du major Howard (qui a tenu ce pont jusqu'à ce qu'on le relève) a été édifié juste à côté.

Nous atteignons les plages à Ouistreham, extrémité est de Sword Beach. Le casino est indiqué, mais déjà en 1944, il n'en restait pas grand chose. Nous longeons cette plage puis celle de Juno avant d'arriver à Arromanches, au bout de Gold Beach. Les vestiges du port artificiel y sont encore visibles. Un canon trône devant le musée que nous n'avons malheureusement pas le temps de visiter. Il faudra revenir ! Par contre, nous avons quelques instants pour déguster une crêpe dans un restaurant proche...
La plage suivante est Omaha Beach à laquelle nous accédons près du cimetière américain de Colleville. La plage proprement dite est en contrebas d'un coteau entièrement fortifié. Casemates, tobrouks, canons : nous avançons sur un vrai gruyère ! Même dans des conditions normales, prendre cette plage aurait été difficile. Plusieurs monuments témoignent de la violence des combats. Des touristes américains visitent les lieux : nous supposons que le père de l'un d'eux s'est battu ici, son nom est peut-être même inscrit sur une des stèles...
L'après-midi est déjà bien avancé. Nous rejoignons l'autoroute par les routes sinueuses du bocage normand. Là, nous comprenons en quoi la bataille de Normandie qui a suivi le Débarquement a pu être terriblement compliquée : le moindre bosquet pouvait cacher un soldat ennemi. De l'autoroute, nous avons une belle vue sur le Mont-Saint-Michel, mais nous poursuivons notre chemin pour arriver à Belle-Isle juste à temps pour dîner et voir la deuxième mi-temps du match entre le Stade Rochelais et l'Union Bordeaux-Bègles. Et c'est idéalement que se terminent nos vacances, avec la victoire de notre club favori !

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